Témoignages d'anciens combattants:
Reg Cooper

Armée

  • Canadiens capturés pendant un raid sur Dieppe.

    Photo acquise par G.R. Cooper
  • Photo prise par des soldats allemands après le raid sur Dieppe.

    Photo acquise par G.R. Cooper
  • Livret de paie de l'Armée canadienne.

    Reg Cooper
  • Photo prise après le raid de Dieppe.

    G.R. Cooper
  • Photo prise par des soldats allemands après le raid de Dieppe.

    Photo acquise par G.R. Cooper
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"Certains d’entre eux avaient un M rouge tracé au front avec du rouge à lèvres. Ça voulait dire que le gars était sous l’influence de la morphine et qu’il pouvait souffrir de douleur plus qu’il ne le montrait."

Transcription

George Reginald Cooper. Numéro de régiment B19671. J’ai servi dans le 10e Hôpital général canadien de campagne. Corps de santé royal canadien.

À l’armée on m’appelait toujours “George”. (Rires) Mais je n’ai jamais porté ce nom, vraiment mon nom… c’était Reg. Mais c’était mon prénom et c’est ce qu’a dit l’armée, « c’est votre nom ». Peu après, on nous a posté en France et je pense que c’était assez extraordinaire, parce qu’on s’est retrouvés dans le secteur américain, parce que c’était l’endroit le plus proche de là où notre hôpital allait être installé. Ça c’était Omaha Beach. Ils ont profité de la nuit pour nous déplacer et on est allés sur le terrain où on allait s’installer et on s’est effondré par terre jusqu’au lever du jour. À 6 h ce soir-là, on avait monté 500 lits sous une toile [de tente] et une cuisine. Faire les lits et… on a vraiment travaillé d’arrache-pied parce qu’on avait installé ces 500 lits avec des tables de nuit, dans des tentes de toiles doublées avec un sol.

Ensuite, j’ai travaillé au triage, ça veut dire que j’examinais les gars quand ils arrivaient et je décidais qui devait être pris en charge immédiatement. Je les vois encore couchés sur les brancards. Certains d’entre eux avaient un M rouge tracé au front avec du rouge à lèvres. Ça voulait dire que le gars était sous l’influence de la morphine et qu’il pouvait souffrir de douleur plus qu’il ne le montrait. En fait, je cherchais, pour être très cru, ceux qui dégoulinaient de sang ou ceux qui avaient les os qui sortaient de la chair. On les traitait en premier. On commençait à recevoir des patients à 6 h et à l’aube l’hôpital était plein et on commençait à évacuer ceux qui ne pouvaient pas retourner au front dans les 24 h, on les évacuait en Angleterre. Je pense que ça c’était pas mal. On a continué à avoir beaucoup de patients parce qu’on faisait du bon travail là-bas. Quand j’y repense, je suis fier de ce qu’on a fait là-bas. À l’époque, je pensais que ce n’était pas grand-chose, mais je sais qu’on a sauvé bien des vies. Nos chirurgiens avaient beaucoup de mérite. Ils travaillaient pendant quatre heures puis s’arrêtaient quatre heures, jour après jour. On est restés dans cet hôpital jusqu’à la fin du mois d’août. J’ai quitté l’unité à ce moment-là parce qu’on ne faisait plus de triage. On soignait plutôt des gens malades que blessés.

Après, je suis allé dans une unité d’attente et ils m’ont affecté à un poste au nord de Nimègue. Montgomery avait fait faire demi-tour aux Canadiens. Ils avançaient vers l’Allemagne mais il leur a fait faire demi-tour. Ils devaient faire demi-tour pour libérer Rotterdam. Parce que c’était un port à eau profonde que les alliés convoitaient. Je pense qu’il y avait environ 40 000 Allemands à cet endroit. Certains se sont échappés mais on a capturé la plupart d’entre eux et on a pris le port. Mais il faisait froid. C’était mouillé et désagréable. En tout cas, la guerre ça n’est pas une chose agréable.

Je n’ai jamais rien fait de très courageux. Et je n’étais pas très… J’ai fouillé un Allemand pour voir s’il avait des armes sur lui et je suis tombé sur ce paquet de photos. Je les ai regardées et je… je voulais (rire) lui casser la figure. Mais je ne l’ai pas fait parce qu’on ne faisait pas ça. Mais j’ai pris les photos et je les ai emmenées chez moi. Je les ai depuis ce temps-là.

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